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• Carte blanche à Waed Bouhassoun

CHANTS DES DJEBELS SYRIENS & MÉNESTRELS KURDES DE TURQUIE

> Mona Issa, Bashar Abu Hamdan, Ensemble Stranbej

Dimanche 16 octobre 2016 à 17h
Institut du Monde Arabe (Paris)

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CHANTS DES DJEBELS SYRIENS

Première partie - durée 30 mn
Bashar Abu Hamdan
, chant et vièle rebab
Mona Issa, chant
Maamoun Rahal, cithare qanun
   
Le joueur de rebab Bashar Abu Hamdan vient de Soueida, dans le Djebel Druze. Enfant, il accompagnait son père aux soirées de poésie, fréquentes dans cette région située aux portes du désert de Syrie et où les bédouins perpétuent depuis des siècles la poésie arabe improvisée.

 

Bashar Abu Hamdan a commencé à apprendre par coeur les poèmes de ces soirées tout en économisant sur son argent de poche pour s’acheter un rebab. Il a ensuite appris à en jouer avec un joueur de rebab réputé, Abou Hassan Yousef. Depuis, il ne cesse de recueillir, d’apprendre et de chanter cette poésie originaire du Najd et qui s’est répandue par transmission orale à travers toute la péninsule arabique. Il en est aujourd’hui l’un des plus éminents interprètes.

 

À l’ouest de la Syrie, la poésie chantée prend une autre forme, celle des montagnes boisées et verdoyantes du Djebel Ansariyeh. Mona Issa est née à Al Qamuhiyeh, non loin du château de Saladin. Sa mère a une belle voix, très appréciée dans la famille, et Mona a appris à chanter en l’écoutant et en se faisant accompagner par son frère et par son oncle, l’un au oud et l’autre au nay. Mona Issa a aujourd’hui 19 ans, elle étudie la littérature arabe et chante pour le plaisir, mais elle est déjà connue dans sa région pour la splendeur de sa voix et son interprétation à la fois retenue et émouvante du répertoire de son village.

 

Elle est accompagnée à la cithare qanun par Maamoun Rahal. Né à Lattaquié dans une famille d’amateurs de musique et de poésie, il a commencé dès l’âge de quinze ans à donner des concerts avec ses frères. Il est également percussionniste, compositeur, facteur d’instruments et il enseigne à la faculté de musique de Homs.

Waed Bouhassoun

MÉNESTRELS KURDES DE TURQUIE

Deuxième partie - durée 60 mn
Ensemble Stranbej :

Rushen Filiztek, chant, divan saz, baghlama, jumbush
Mahmut Demir, chant, kabak kemaniye, baghlama
Neshet Kutas, percussions
     
Stranbej, au Kurdistan, désigne le ménestrel : chanteur et musicien virtuose il interprète des ballades, des louanges à un personnage ou une ville, des chants d’amour, des chants d’exil mais aussi des chants à danser pleins d’humour et de gaieté.

Ce trio s’est formé à Paris en 2016 à la faveur d’une rencontre entre deux musiciens fraichement arrivés de Turquie et Mahmut Demir. Installé en France depuis une trentaine d’années, celui-ci a créé la Maison du saz dans une vieille maison ouvrière de Montreuil. Il y accueille ses visiteurs avec du thé aux clous de girofle, vend et répare des instruments orientaux, dispense ses conseils et ses contacts, enseigne le jeu du baghlama et permet à des musiciens de la diaspora d’enregistrer leur première maquette dans son petit studio d’enregistrement. C’est ce qu’ont fait Rushen Filiztek et Neshet Kutas dans les premiers jours de 2016. Le trio est né de cette rencontre.

 

Rushen Filiztek a 25 ans. Il est originaire de Diyarbakir. Il chante dans un style direct et généreux avec une conviction dénuée de toute affèterie. Sa voix, placée haut afin de porter au loin laisse entendre ici et là ces légers huchements qui sont la marque des bardes. Son instrument de prédilection est le divan saz, un grand luth à manche long au timbre grave et profond, mais il excelle également au baghlama, le luth des bardes anatoliens, et au jümbüsh, une adaptation orientale du banjo fort utilisée dans les musiques populaires de Turquie et du nord de la Syrie.
Neshet Kutas est né dans une famille kurde installée à Izmir. Avant de venir en France, il était professeur de musique en Turquie. Sa maîtrise des nombreux rythmes du Moyen-Orient et son jeu précis et élégant en font un excellent percussionniste.

 

Mahmut Demir est né dans un village kurde de la province de Sivas. Sa famille comprenait déjà plusieurs joueurs de baghlama. Outre le saz avec lequel il a remporté un premier prix en Turquie dans sa jeunesse, Mahmut joue d’une ancienne vièle d’origine égéenne, le kabak kemaniye, dont le timbre et la flexibilité évoquent la voix humaine. Mahmut Demir chante aussi, dans le style des ashik, les bardes alévis dont il interprète le répertoire depuis de longues années.

 

Pierre Bois

 


" Les événements dramatiques qui sévissent en Syrie ont fait découvrir en France la multiplicité des ethnies qui co-habitent dans cette région. Le Festival de l’Imaginaire m’a invitée l’année dernière à participer à un concert illustrant une partie de cette diversité. Cette année, cette Carte Blanche me permet de prolonger ce panorama, mais il m’est tout de suite apparu qu’il était impossible de couvrir en quelques heures de concert la multiplicité d’expressions musicales qui se côtoient en Syrie et dans le reste du Proche et Moyen-Orient. Aussi ai-je limité mon choix à celles dont je connaissais les interprètes, pour avoir joué avec eux ou parce que des connaissances communes me les avaient fait découvrir. Les artistes que j’ai choisis ont dû, pour certains d’entre eux, quitter leur pays et se réfugier en Europe. Les autres vivent toujours dans leur ville d’origine et ont accepté de venir témoigner de leur art. "

Waed Bouhassoun

 

Dans le cadre du 20ème Festival de l'Imaginaire


www.festivaldelimaginaire.com

 

 

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