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Chirine Al Ansari raconte les 1001 nuits

9, 10 et 11 mars 2002
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

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Chirine Al Ansari l'égyptienne porte le nom de princesses nostalgiques. Et pourtant la force qui se dégage de sa parole de conteuse, devient musique, vent de tempête, houle, fracas de rochers se brisant sur les seuils de grottes magiques où les djinns cornus aux yeux de diamant se précipitent pour l'emporter au centre de la terre ou au creux du lit d'un amant royal.
D'un geste, un haussement d'épaules, un regard en arrière au-delà de sa volumineuse chevelure brune, elle fait cesser tous les débordements et reprend d'une voix calme le cours de son histoire, sans jamais se lasser de ce thème prodigieux qui berça son enfance : les Mille et une Nuits.

Françoise Gründ

Une femme, petite et l'air fragile, mais avec une énorme force d'expression : c'est Chirine Al Ansari. Née en Egypte en 1971, elle passe une partie de son enfance en France, sans avoir jamais oublié son héritage arabe.
Chirine Al Ansari a toujours aimé raconter des histoires, et il n'est pas étonnant alors qu'elle en ait fait sa profession. Après deux ans à l'Ecole internationale de Théâtre Jacques Lecoq de Paris et des cours de danse, elle commence en 1996 sa carrière de conteuse, en Egypte. Au programme, les Mille et une Nuits.
Mais Chirine se rend compte très vite que ces histoires ne se racontent pas telles quelles, d'autant plus qu'il en existe plusieurs versions et parfois dans une langue très difficile pour la scène. Elle décide alors de prendre les Mille et une Nuits comme point de départ et d'y mêler ses expériences personnelles. Pour une fois, c'est une femme qui raconte en public, empiétant sur le domaine réservé des hommes âgés qui siègent tous les jours dans les cafés égyptiens. Le résultat est une fusion audacieuse entre la tradition du conte et une approche tout à fait féminine et spécifique. Chirine Al Ansari avoue être influencée par la façon dont les femmes racontent des histoires entre elles ou aux enfants, dans l'intimité de leurs maisons. C'est cette ambiance intime et privée qu'elle désire transmettre à son public.
Chirine Al Ansari entraîne son public vers des voyages imaginaires, magiques et romantiques. Elle fait appel à l'enfant en chacun de nous. Pour cela, elle n'a que sa voix et son corps. Elle utilise de moins en moins d'accessoires, l'histoire se racontant plutôt avec des mouvements et des expressions du visage. Chirine ne croit pas que Schéhérazade se soit contentée de s'installer dans son lit pour raconter : elle a certainement dû danser et jouer aussi.

Ses voyages sont une grande source d'inspiration, surtout ceux qu'elle a faits en Inde. C'est là que les contes des Mille et une Nuits ont vraiment commencé à prendre vie en elle. Il serait tout à fait justifié de dire que ses histoires font réellement appel à tous les sens.
Ce qui est important pour Chirine, c'est la liberté. Pendant la représentation, elle se sent complètement libre, elle est l'histoire qu'elle raconte. Et elle sait bien transmettre cette passion à son public qui, quand elle a fini, demeure ébloui.

Remerciements à Françoise Gründ.