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• Documentaire

Cinéma du réel

> Un salon de musique avec cinéma documentaire

12 mars 2006 à 17h
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

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Le cinéma a, dès ses débuts, documenté les villes et paysages de Syrie. Des vues Lumière aux actualités Pathé ou Gaumont en passant par les films des opérateurs envoyés par Albert Kahn, la Syrie des années 1897-1930 (d'avant le parlant) est parvenue aux spectateurs français par fragments, instants, moments pris au quotidien des rues et des campagnes. Bien sûr, ces images reflètent ce «goût oriental » qui servit longtemps de vision aux Européens. Ces « vues» privilégient souvent le pittoresque et l'exotique...

Pourtant, quelque chose, toujours, échappe aux clichés et aux conventions : une lumière, des mouvements et des gestes, des regards qui fixent l'objectif, des visages entrevus... Le cinéma, à chaque projection, rend la vie à ce qui a depuis longtemps disparu. Ce réel passé est un éternel présent dès qu'un spectateur s'en approche.

À regarder aujourd'hui ces courts films vieux d'un siècle, on ne peut que réfléchir, une fois de plus, sur le temps cinématographique, sur le rythme des plans, sur ce que le cinéma restitue d'un instant, d'un petit groupe d'êtres humains, d'une rue, d'une ville, d'un paysage ou d'un métier. Le cinéma ne décrit pas, il enregistre. Ce qu'il fixe, c'est un fragment de temps et d'espace, auquel le mouvement (des corps ou de la lumière) imprime une imprévisible cadence, des développements inattendus, d'infinies variations.

De la Syrie viennent des images, et de la musique. Cinéma et musique produisent tous deux des récits du monde qui nous entoure. Ils en racontent les mouvements intérieurs, les parts cachées, l'invisible. C'est pour proposer à leurs publics ces idées et ces rêveries que le festival de cinéma documentaire Cinéma du réel et la Maison des Cultures du Monde s'associent pour un «salon de musique avec cinéma documentaire ».

Connu pour être l’un des derniers grands improvisateurs au ‘ud, le grand maître Muhammad Qadri Dalal méditera musicalement sur une sélection de « vues» cinématographiques de la Syrie des débuts du cinéma (de 1897 aux années 30). Il ne s'agira pas là du traditionnel « accompagnement musical » des séances de cinéma muet, mais d'une sorte de double récit d'un même réel, d'une continuation musicale des images animées, du passage d'une forme à l'autre de description du monde.

Marie-Pierre Duhamel-Muller