Vous êtes ici

• Corée

HOMMAGE À CHOI SEUNG-HEE,
L’ISADORA DUNCAN DE L’ORIENT

> Yang Sung-ok et son ensemble

Samedi 28 novembre 2015 à 18h
Dimanche 29 novembre 2015 à 17h
au Théâtre Claude Lévi-Strauss
Musée du quai Branly

Partager

Yang Sung-ok, direction artistique, chorégraphie, danse
Kim Jung, danse
Lee So-Jung, danse
Kim Young-gil, cithare ajaeng
Na Young-sun, hautbois piri
Yu Kyung-hwa, percussions, cithare cheolhyeongeum
Lee Yong-goo, flûte daegeum

  

Les chorégraphies de Choi Seung-hee ont été recréées sous la supervision artistique de Kim Baek-bong

  

Kim Ryeo-won, lumières
Kim Sun-kook, producteur

  

Choi Seung-hee est la première danseuse coréenne à s’être produite à l’étranger. À cette époque en Corée, les danseuses étaient encore considérées comme des courtisanes ou des chamanes. Pourtant, tous ceux qui la virent danser furent tellement émerveillés qu’on la surnomma "la perle de l’Orient" ou encore "l’Isadora Duncan de Corée".

  

Née en 1911 dans une famille aristocratique de Séoul, Choi Seung-hee découvrit la danse à l’âge de 16 ans lors d’un spectacle de Baku Ishii, pionnier de la danse moderne japonaise. Partie au Japon étudier auprès d’Ishii, elle devint très vite, sous le nom de Sai Shoki, la danseuse vedette de la compagnie. Elle donna son premier récital de danse moderne en 1930 mais quelque chose lui manquait, l’essence coréenne. Elle se lança alors dans l’apprentissage des danses traditionnelles coréennes sous la direction de Han Seong-jun et se mit à combiner danse traditionnelle et danse moderne pour créer ses versions personnelles du seungmu, de la danse du couteau, de la danse de l’éventail et de la danse du masque.

  

Après des représentations couronnées de succès au Japon et quelques tournages de films, elle partit en tournée aux Etats-Unis. Silhouette élancée, yeux pétillants, Choi Seung-hee fascina l’Amérique par sa sensualité et sa grâce. En 1938 elle débarque au Havre. Son interprétation de la danse choripdong à la Salle Pleyel en janvier 1939 suscite à Paris un engouement immédiat. Picasso, Matisse, Romain Rolland lui témoignent leur admiration et elle fait très vite partie du Tout-Paris.

  

Mais la guerre s’annonce, elle quitte Paris après une dernière représentation au théâtre de Chaillot. Après une seconde tournée aux Etats-Unis et en Amérique du sud elle retourne en Asie où elle doit danser pour les soldats japonais, ce qui lui vaudra d’être accusée de collaboration. Lors de la partition de la péninsule quelques années plus tard, elle fait le choix de la Corée du nord avec son mari, militant socialiste. Elle y jouera un rôle majeur jusqu’à sa disparition mystérieuse à la fin des années soixante.

 

Personnalité controversée, Choi Seung-hee n’en fut pas moins une pionnière de la danse coréenne contemporaine. Transcendant la tradition et la modernité, l’Orient et l’Occident, elle se jouait des codes et créait une œuvre originale. Ce n’est que ces toutes dernières années que son apport artistique a été enfin reconnu, grâce notamment à sa disciple Kim Baek-bong, et il est tout naturel qu’elle ait inspiré la danseuse Yang Sun-ok, l’une des personnalités les plus originales de la danse coréenne aujourd’hui. Spécialiste de la danse traditionnelle coréenne – elle est notamment reconnue comme détentrice de la danse Thaephyeongmwu – Yang Sun-ok est également réputée pour ses propres créations chorégraphiques à partir d’éléments traditionnels. Elle est donc mieux que toute autre à même de faire revivre les œuvres originales de Choi Seung-hee et nous replonger dans le souvenir de ces soirées de 1939 où Choi émerveillait le public de Pleyel et de Chaillot.

Pierre Bois 

PROJECTION

Choi Seung-hee, histoire d’une danseuse de Won Jong-sun, 52 mn, Arirang TV, 2008.

La vie et la carrière de Choi Seung-hee retracée à partir d’images d’archives et d’interviews.

Samedi 28 juin à 16h30 dans la Salle de cinéma du musée du quai Branly
Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

 

Manifestation organisée dans le cadre de l’Année France-Corée 2015-2016
www.anneefrancecoree.com           

Dans le cadre du 19ème Festival de l'Imaginaire

> Réserver pour ce spectacle

         

Egalement
> à l’Espace culturel l’Hermine, Sarzeau, le 22 novembre
> au Trident, Scène nationale de Cherbourg, le 24 novembre