Vous êtes ici

• Mali

Mamou Thiéro

> Chant du fleuve

29, 30 et 31 mars 2002
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

Partager

Mamou Thiéro (Chant), Yaya Famanta (Percussions), Aistan Niono et Ata Thiéro (Choeur), Almamy Thiéro (Percussion), Kalifa Thiéro (Percussion), Oumar Traoré (Percussion)

Pour la première fois en France, Mamou Thiéro chante la mythologie des Bozo, les " maîtres de l'eau ", les seuls à connaître les secrets du fleuve.
Avec sa voix puissante et joliment enrouée, elle rend hommage aux grands pêcheurs du Mali, capables de capturer les hippopotames à main nue.
Installés le long du Niger et de son confluent le Bani, les Bozo forment un groupe ethnique minoritaire au Mali. Les Bozo sont des pêcheurs bien qu'ils se considèrent plutôt comme de véritables " chasseurs ", car à leurs yeux est chasseur celui qui va traquer sa proie dans un élément qui n'est pas le sien, par conséquent l'eau. En voie de sédentarisation, beaucoup cependant sont des nomades qui se déplacent à bord de leurs pirogues.

Agée d'environ 40 ans, Mamou Thiéro vit dans le quartier de Kirango à Markala au nord de Bamako avec son mari et ses trois enfants. Cette femme élégante chante le répertoire profane et sacré des Bozo : chants de funérailles sacrées des chefs Bozo, chants de fêtes, de mariages et de cérémonies. C'est auprès de sa mère et de ses soeurs qu'elle a acquis ce répertoire et qu'elle connait toutes ces histoires, ces récits et ces louanges. A la mort de sa mère, elle était encore jeune et ne chantait pas. C'est pour ses amis qu'elle a commencé à chanter à l'âge de 12 ans. Aujourd'hui, elle est quasiment la seule chanteuse à jouir d'une notoriété auprès des Bozo du Mali. C'est à elle qu'ils font appel de Mopti à Bamako pour animer les célébrations, les mariages et les anniversaires.
Après un premier chant de bienvenue, Mamou Thiéro, de sa belle voix au timbre voilé, chante des textes qui reprennent toute la mythologie bozo ainsi que des chants de louanges pour les héros pêcheurs. Des chants de fierté ou des chants qui expriment la douleur de ceux qui sont rejetés par leurs voisins parce qu'ils sont tout simplement étrangers. Les rythmes lents du début permettent à la voix de s'imposer dans de belles mélopées avant de s'accélérer pour finir dans une espèce d'allégresse, même quand les textes chantés sont à connotation plutôt tragique.

Arwad Esber

Mamou Thiéro est accompagnée de deux choristes et de quatre percussionnistes :
1 ganga qui donne le rythme,
2 tenen moukou frappés avec de fines baguettes
1 tambo ou bafo qui accompagne la mélodie