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SUFIANA KALAM DU CACHEMIRE

> Saznawaz Brothers Sufiana Group

Vendredi 25 novembre 2016 à 20h30
Samedi 26 novembre 2016 20h30
Église Saint-Roch

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Shabir Ahmad Saznawaz, chant et santur
Mushtaq Ahmad Saznawaz, chant et saz-e-kashmiri
Kaiser Mushtaq, chant et setar
Manzoor ul Haq, chant et setar
Mohammad Rafiq Saznader, tabla
                      
Les vallées du Cachemire se sont ouvertes au XIIIe siècle à plusieurs confréries soufies de Perse et d’Asie centrale. Au XVe siècle, le sage Nureddin Nurani, mystique musulman ouvert au bouddhisme et à l’hindouisme, fonde une nouvelle confrérie dans la vallée de Srinagar, la rishiyya. Son mausolée à Charar-i-Sharif va devenir un grand centre du soufisme cachemirien où l’on peut goûter une musique conçue pour le recueillement et la méditation : le sufiana kalam ou “parole soufie”. Une musique qui privilégie l’exaltation intérieure, à l’opposé du qawwali pakistanais.

Destiné aux élites urbaines de la vallée de Srinagar qui le considèrent comme la musique classique du Cachemire, le sufiana kalam se compose de suites de poèmes mystiques chantés et accompagnés par une cithare à cordes frappées santûr, un luth setâr, une vièle

à pique saz-e-kashmiri et une dokra qui n’est autre que le tabla indien. Qu’il s’agisse de la poésie, de la mélodie, des rythmes ou des instruments de musique, on est ici au carrefour des civilisations indienne, persane et centrasiatique.

Tout comme les raga de l’Inde du nord, les muqam cachemiriens sont assignés à une heure particulière du jour ou de la nuit et sont classés selon les cinq éléments (feu, air, terre, eau, ether), les constellations du zodiaque et les prophètes mentionnés dans le Coran. Certains ont des vertus thérapeutiques.

Les poèmes écrits en persan, kashmiri, urdu, hindi, penjabi, manient le symbolisme avec un art consommé et peuvent être interprétés à plusieurs niveaux : romantique, érotique, mystique. On y trouve les maîtres de la poésie persane : Hafez, Rumi, Saadi, Omar Khayyam, Nizami, et des poètes cachemiriens comme Mahmud Gami, Ya’qub Sarfi, Iqbal, Nasir ad-Din et la poétesse Habba Khatun.

Aujourd’hui, la survie du sufiana kalam est menacée par la situation sociale, politique et économique du Cachemire. Les musiciens sont rarement invités à la radio, peu aidés par le gouvernement et la pression des milieux fondamentalistes commence à se faire sentir. Cette musique paraît vouée à demeurer ce qu’elle est : un art discret, méditatif, à forte connotation spirituelle, et c’est dans cet esprit que les Saznawaz Brothers la préservent.

Les Saznawaz Brothers sont les fils et petits-fils du dernier grand maître de sufiana kalam, feu Ustad Ghulam Mohammad Saznawaz. Issus d’une lignée de sept générations de musiciens, ils sont pratiquement les derniers au Cachemire à vivre cette musique comme le partage d’une expérience spirituelle.

d’après Laurent Aubert

 


Durée des concerts : 75 minutes

 

EN TOURNÉE :
Dimanche 27 novembre 2016 au Musée des Confluences, Lyon

Dans le cadre du 20ème Festival de l'Imaginaire

 

www.festivaldelimaginaire.com

 

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