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Danses du monde

> Photographies de François Guénet

du 8 au 22 novembre 2017
Eglise St Joseph, Pontivy (56)

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Après l'Opéra de Rennes, l'exposition de François Guénet poursuit son voyage en Bretagne durant ce mois de novembre. Elle sera accueillie à Pontivy à l'église Saint-Joseph jusqu'au 22 novembre sur l'initiative des associations locales Timilin, Arts et Collections et Echanges culturels dans le cadre du mois de l'Economie sociale et solidaire.

Infos pratiques
Ouvert tous les jours de 14h à 18h
Eglise Saint-Joseph - 
Square Lenglier 56300 Pontivy

Participation libre au profit des projets initiés par l'association Echanges culturels

« À l’heure où le numérique s’immisce dans toutes les expressions artistiques, la danse s’affirme plus que jamais comme un art essentiellement humain. N’étaient les parades nuptiales de maintes espèces animales, on pourrait dire en paraphrasant Rabelais que la danse est le propre de l’homme.

Pionnière depuis 1982 dans la défense, la diffusion et la promotion des arts vivants traditionnels et plus généralement du patrimoine culturel immatériel, la Maison des Cultures du Monde ne peut que se réjouir de cette exposition des photographies de François Guénet sur les danses du monde. 

Car, ne se contentant pas de saisir depuis quelques années les instants merveilleux du Festival de l’Imaginaire, le photographe se fait aussi ethnographe et nous propose quelques images prises « dans leur jus », en Afrique, dans l’Himalaya et autres lieux.

Au-delà de la fragilité de patrimoines souvent populaires et ruraux, donc menacés par la modernité et une vision occidentalo-centrée de la mondialisation culturelle, cette exposition fait découvrir au visiteur des pratiques originales, vivantes, certes sensibles aux influences extérieures, mais de manière empirique et bien éloignée de notre bêlante frénésie d’interculturalité.

Bien au contraire, ces expressions tantôt modestes, tantôt spectaculaires nous rappellent à des questions fondamentales sur la place de l’homme dans la société, sur son rapport à une nature indomptable qu’il tente d’apprivoiser par une négociation permanente avec des forces invisibles : ce sont les danses chamaniques inspirées par les parades animalières, les danses de possession où esprits et génies se gobergent de rythmes, de fumées et de parfums, les danses d’extase qui visent à la fusion avec le divin, les danses de masques qui accompagnent l’initiation, les funérailles, les grands rituels calendaires et où quelques morceaux de bois, quelques fétus de paille suffisent à recréer symboliquement de puissants mythes fondateurs. Ce sont enfin les danses sociales comme ces danses villageoises où s’exprime l’appartenance à un groupe, à un « habitus » collectif, ou ces ballets de cour composés par de nobles esthètes sur un poème, un conte, un récit épique ou historique.

Ces images nous montrent un art total : un art du geste, de la musique, du théâtre, du costume, un art de l’illusion et de l’ellipse où la scénographie se construit dans l’imaginaire des danseurs et des spectateurs, un imaginaire fait de mythes et de croyances qui, sans cette danse justement, serait voué à se dissoudre une fois pour toutes dans notre univers matérialiste. »

Pierre Bois